Pour quelles raisons s’entrainer jour après jour ?

Des mois d’entrainement pour quelques heures de course

Nous, sportifs passionnés, passons des heures à nous entrainer, pour au final un évènement qui ne durera que quelques heures/secondes selon les disciplines. Il faut arriver à rassembler toutes les pièces d’un puzzle pour produire une performance un jour dans l’année. Le jeu en vaut-il la chandelle ? J’entends souvent parler de sacrifice à faire. Je ne suis pas d’accord. A un niveau amateur, c’est un choix personnel, rien de plus.

Je vais prendre l’exemple d’un groupe d’âge comme moi, qui participe à un ironman pour éviter de parler au nom de tous. Mes propos ne concerneront donc que mes motivations. Après tout, nous avons tous nos raisons de nous lancer des défis, peu importe leurs natures.

Quelques chiffres pour rationaliser l’entrainement

Volume annuel d’une pratique régulière et constante

Prenez un amateur qui aime le longue distance par exemple et qui s’entraine en moyenne une dizaine d’heure par semaine, un peu plus pour les beaux jours, un peu moins l’hiver (c’est mon cas), soit environ 1h30 par jour sur 6 jours. A côté de ça, la course en elle-même ne durera que 10-13h en fonction de votre niveau sur un distance ironman. C’est peu par rapport aux efforts investis. C’est encore pire sur courte distance, vous pouvez vous entrainer autant pour une course de 2h-3h.

Temps passé devant un écran selon l’âge et le sexe

source : INSEE

source : INSEE

Selon l’INSEE, la durée passée devant un écran de télévision était de 2h à 2h30 par jour pour les Français âgés de 15 à 54 ans (soit plus de 14 heures par semaine).
On peut donc se demander si 10h par semaine de sport est beaucoup…

Le processus comme source de motivation

Pour un grand nombre, passer des heures à s’entrainer est incompréhensible. Je vous rassure, je ne comprends pas non plus comment il est possible de passer plus de 2h par jour devant la TV.

On en vient à la question fatidique : pour quelles raisons faisons-nous ça ? Je pense que beaucoup ont été confrontés à cette question, peu importe la discipline ou le domaine.

Certes, un ironman est un exploit athlétique qui impressionne. Mais plus que la course, c’est le processus de préparation qui est intéressant. Avoir un objectif, une direction à suivre et faire en sorte d’arriver à mettre en place les pièces du puzzle, étape par étape, pour être prêt le bon jour. Être dans un processus donne une cible à atteindre. Les objectifs de ce processus n’englobent pas uniquement de franchir la ligne d’arrivée. Cela va plus loin que ça.

Évoluer et progresser en tant que personne

Progresser physiquement

L’évolution la plus évidente est celle des capacités physiques :

  • pendant combien de temps/km suis-je capable d’avancer ?
  • à quelle vitesse ?
  • jusqu’à quand je peux repousser le niveau de fatigue ?
  • qu’est-ce que mon organisme peut assimiler pour continuer d’avancer ?
  • comment est-ce que mon organisme fonctionne ?

Il est intéressant et enrichissant de voir ses capacités physiques évoluer au fil des semaines, de découvrir ce que l’organisme supporte, ce qui fonctionne et ne fonctionne pas pour aller plus vite, plus loin, plus longtemps. Il y a des grands principes à adapter au fur et à mesure qu’on se découvre. Il n’y a cependant pas que ça.

Progresser mentalement

A l’heure où les stratèges marketing nous vendent du sans effort avec des slogans du genre « perdez du poids sans effort », « gagnez de l’argent sans effort », « arrêtez de fumer sans effort », le développement des qualités de volonté et de persévérance semble être tombés aux oubliettes. Pourtant le manque de volonté est une faiblesse de l’esprit.

Évidemment parfois je n’ai pas envie de sortir alors qu’il pleut, ou de passer du temps sur mon vélo sans bouger comme un hamster. Évidemment parfois j’ai envie de rester dans mon canapé. Cependant, la passion et l’envie de progresser me permettent de surmonter ces moments où l’envie vacille, et c’est là où la satisfaction est la plus grande. Outre les qualités physiques, le triathlon me permet d’évoluer psychologiquement :

  • être plus persévérant
  • avoir plus de volonté
  • rester positif même quand c’est difficile
  • ne pas me plaindre
  • donner mon maximum, même s’il ne correspond pas à mes attentes
  • découvrir mes forces et mes faiblesses
  • garder en tête qu’à chaque fois que je bouge, j’ai la chance de pouvoir le faire
  • comprendre comment mon intellect fonctionne

Ce sont des qualités importantes pour moi. On ne peut pas se mentir sur les épreuves d’endurance, il faut être honnête. Ne pas l’être conduit à de belles déconvenues. Dans ce genre d’épreuve, nous sommes seuls face à la difficulté, sans personne sur qui rejeter les responsabilités. Y a-t-il beaucoup de situations comme ça ? Je ne crois pas. C’est un chemin solitaire, que l’on doit franchir, seul.

Ce processus d’entrainement permet de progresser en tant qu’individu, de se découvrir. C’est en quelque sorte une thérapie préventive. Et une thérapie curative pour les coups durs. Et le jour de la course peut être vu comme la fin d’un cycle.

Le triathlon m’a appris à ne pas baisser les bras et à bien faire la différence entre « pouvoir » et « vouloir ». Vous vous demandez pourquoi je nage, je cours, je pédale sans relâche ? Car j’ai besoin d’avancer pour progresser, et pas seulement physiquement.
Et vous, qu’est-ce qui vous fait avancer ?
Benoit

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