Quel(s) intérêt(s) de prendre des capsules de sel lors d’un ironman ?

La supplémentation en sel sur ironman

C’est un débat qui anime les forums et j’ai lu tout et son contraire. Cela m’avait d’ailleurs posait quelques problèmes lors de ma préparation pour le Challenge Roth (distance ironman). J’ai donc décidé de retourner voir ce que disait la littérature scientifique. Ce billet repose sur un article de 2008 de l’équipe de T. Noakes, auteur de Lore of Running.

Prendre du sel en supplément est souvent vu par les athlètes et les coachs comme un moyen pour éviter le syndrome d’hyponatrémie (diminution de la concentration en sel dans le plasma sanguin). Cela serait d’autant plus vrai sur les épreuves longues distances avec des recommandations de 500 à 1000 mg/heure.

Cependant, l’alimentation occidentale est très riche en sel et l’organisme possède des moyens de défense pour lutter contre ce phénomène (réserves internes / contraction du volume de fluide extracellulaire). Les auteurs se sont donc questionnés sur l’intérêt d’une supplémentation en sel. Leurs objectifs étaient de répondre aux questions suivantes :

  • La supplémentation en sel lors d’un ironman permet-elle d’avoir une concentration en sodium [Na+] supérieur à ceux qui n’en ont pas ?
  • Les athlètes sans supplémentation ont-ils un risque supérieur de développer un syndrome d’hyponatrémie ou ont-ils des [Na+] dans la norme?
  • Permet-elle d’améliorer la performance sur ironman ?
  • Diminue-t-elle la probabilité d’avoir recours à une assistance médicale ?

Comment tester l’intérêt d’une supplémentation en sel sur un ironman ?

114 triathlètes répartis en deux groupes (placebo VS supplémentation) ont participé à l’Ironman d’Afrique du Sud en ingérant des capsules identiques contenant soit 376 mg de sel, soit de l’amidon (1 et 4 pilules/heure, sans prendre d’autre capsule d’électrolyte). Ils étaient libres de s’alimenter comme ils le voulaient et ils pouvaient s’hydrater par l’intermédiaire d’eau ou de boisson énergétique fournies par l’organisateur.

Résultats : rôle de la supplémentation en sodium/sel lors d’un ironman

Variables Supplémentation Placebo
Age (années) 33,4 ± 7,4 33,9 ± 7,3
Temps (heure) 12h40 ± 1h20 12h43 ± 1h40
[Na+] d’avant course (mmol/l) 140,6 ± 1,7 140,7 ± 1,7
[Na+] d’après course (mmol/l) 141,5 ± 2,7 140,5 ± 3,5
poids d’avant course (kg) 78,2 ± 9,6 75,7 ± 10,2
variation de poids (kg) -2,9 ± 1,3 -3,0 ± 1,7
déshydratation (%) -3,6 ± 1,4 -3,9 ± 2,1
température d’après course (°C) 37,1 ± 0,6 37,4 ± 0,7

Aucune différence entre les deux groupes n’a été trouvée sur les variables rapportées dans le tableau. De plus, d’intensité d’effort fourni, de douleur musculaire, ou de bien-être mental étaient elles aussi identiques.

Conclusion : rôle de la supplémentation en sel lors d’un ironman

La supplémentation en sel n’a rien apporté sur l’ironman en terme de performance ou de concentration en sel dans le plasma. On peut donc se questionner sur l’intérêt de la prise de capsule de sel. Parmi l’ensemble des participants, un athlète du groupe placebo, celui qui a gagné le plus de poids pendant la course, a du être hospitalisé 12 h suite à un syndrome d’hyponatrémie. L’hyponatrémie proviendrait donc plutôt d’une dilution (sur hydratation) que d’une déplétion.

Il faut noter cependant que la température de l’air oscillait entre 16 et 21°C avec une humidité moyenne de 63 %. Les conditions étaient donc favorables. Ces résultats ne sont peut-être pas extrapolables à des conditions de chaleur et d’humidité importante.

Qu’en pensez-vous ? Qu’elle est votre stratégie en course ?
Benoit

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